L'histoire des parquets

Les Parquets de Joli Bois - Chaussée de Bruxelles 562 B-1410 Waterloo (JoliBois) +32 2 354 32 34  info@parquetsjolibois.be  du Mardi au Samedi de 14H30 à 18H

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Petite visite guidée de trois palais du Kremlin ornés par les meilleurs parqueteurs.

 

L’histoire du parquet


 

L’invention de l’outil permet à l’homme de travailler le bois
et d’en découvrir les vertus, notamment celle de l’isoler du froid et de
l’humidité. Son contact, plus chaud que celui de la pierre, contribue à
développer son emploi. Les planchers rudimentaires des huttes, des cités
lacustres et des planchers de bateaux sont fixés sur des solives, sans
emboîtement. Ces épaisses planches grossièrement juxtaposées sont issues
d’essences variées en bois dur, mais aussi en résineux, plus tendres et donc
plus faciles à travailler.


 

La notion de parquet semble n’apparaître réellement qu’à la Renaissance.


 

Au XVIIe siècle, on distingue les planchers des parquets:

-Le plancher est rustique et utilitaire. Il est constitué de planches en bois
dur notamment en chêne, particulièrement abondant, et en résineux pour les
régions de l’Est de la France. Il est à chants plats pour les plus primitifs et
comporte des assemblages à rainures et languettes pour les plus élaborés.


 

- Le parquet, dit à compartiment, est réservé à l’aristocratie
et a un caractère décoratif. Il est composé d’éléments en bois durs, assemblés
à tenons et mortaises, ainsi qu’à rainures et languettes. Il évoluera
rapidement vers de nombreux autres modèles.


 

Les Planchers au XVe, XVIe et XVIIe siecle

  • En rez de chausee

La principale préoccupation du parqueteur de lepoque consiste
à prendre un certain nombre de dispositif visant à lutter contre les’ effets de
l’humidité.

Les rez-de-chaussée sur caves voûtées sont pourvus d’un «lit de cailloutage»,
bien battu pour le rendre ferme, et propre à recevoir une aire en plâtre.
Viennent ensuite des lambourdes dont la section ne saurait être inférieure à
 3 pouces sur 4, soit 81 x 108 mm, section pouvant aller jusqu’à 4×6 pouces soit
108 x 162mm.

Ces lambourdes sont scellées au plâtre avec «formes d’augets ». Il est
conseillé de poser un lit de mâchefer entre lambourdes, par contre, en étage,
les augets doivent être vides, afin de permettre une libre ventilation du
parquet.

Lorsque le rez-de-chaussée à parqueter ne se trouve pas sur caves, il est
conseillé de construire des murets sur toute la longueur où portent les
lambourdes scellées au plâtre, afin de réaliser un vide sanitaire. Le parquet
doit avoir une épaisseur comprise entre un pouce et demi, soit 40 mm, et deux
pouces, soit 54 mm. Les dépenses entraînées par ces techniques ont dû dissuader
un grand nombre de clients de poser du parquet en rez-de-chaussée!

 

  • En étage

Le plancher au XVIe siècle est presque toujours VISIble de
l’étage inférieur. Il est d’une épaisseur minimum de un pouce (27 mm), et
conseillé en un pouce et demi. Les planches, parfois pourvues de rainures et
languettes, sont fixées directement sur les solives, dans le sens de la
longueur, et non perpendiculairement. L’écartement de ces dernières est très
faible, la largeur des planches est donc forcément importante. La plupart des
planchers de l’époque

sont, soit posés sur les solives, perpendiculairement à ces dernières, soit
posés sur des lambourdes de 3 par 3 pouces, fixés sur des tasseaux eux-mêmes
disposés sur le côté des solives. Le sens des lambourdes est perpendiculaire

à celui des solives, celui du parquet parallèle.

À la fin du XVIe siècle, la construction des planchers évolue. Le plâtre fait
son apparition et le dessous du parquet est caché par la présence d’un plafond.
Un lattis, composé de petites lattes de bois résineux est fixé sur le dessus
des solives. Il est destiné à recevoir l’aire en plâtre, d’une épaisseur d’un
pouce. Le lit de plâtre qui recouvre l’ensemble de la surface recevra les
lambourdes de 50x50 mm, scellées au plâtre avec «forme d’augets ».

Leur direction est perpendiculaire à celle des solives. Lorsque la hauteur sous
plafond fait défaut, les lambourdes sont fixées sur les solives, l’aire en
plâtre prend place entre les lambourdes. Cette technique est toutefois
considérée comme moins solide par Roubo, (l’Art du Menuisier, 1769).


 

L’écartement des lambourdes est généralement limité à l pied
(0,324 m) d’axe en axe. Cependant, la pose des parquets à compartiments, ou en « feuilles »,
oblige à régler l’écartement des lambourdes en fonction de leurs dimensions. Le
côté ou la pointe des panneaux doit porter sur une lambourde. Un solin en
plâtre, perpendiculaire au sens des lambourdes (chaînage), est réalisé pour éviter
tout déplacement de ces dernières. Les planches ou ais, façonnées à rainures et
languettes ont une épaisseur de l à 2 pouces. Leur largeur est variable, allant
de 2 à 9 pouces maximum (54 à 243 mm). Les planches sont disposées côte à côte,
d’une même longueur de 2 mètres linéaires ou plus, elles sont alignées par
travée. Elles sont emboîtées entre elles aux deux bouts. Roubo considère qu’une
frise intermédiaire, disposée en sens contraire, entre deux séries de planches,
rend l’ouvrage plus solide.

Une lambourde doit toujours être disposée au bout de chaque série de lames.


 

Les parquets du XVIIe et XVIIIe siècle

 

  1. Les parquets à point de Hongrie

 

Les parquets à point de Hongrie font également leur.apparition
au XVIIe siècle. Une frise parfois intercalée entre chaque travée, nécessite la
présence de deux lambourdes côte à côte pour soutenir les joints. Cette frise
intermédiaire participe à la notion de compartiment. La fixation de tous les
parquets s’effectue à l’époque par le dessus des lames et panneaux, au moyen de
pointes en fer forgé, avec ou sans tête, suivant le cas. On trouve encore
aujourd’hui des panneaux anciens pourvus de ces clous.

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  1. Les parquets à la Française

Au XVIIe siècle apparaissent les parquets à panneaux de
Versailles, Chantilly, Aremberg, dits aujourd’hui panneaux à la Française.
Ceux-ci se développeront largement au XVIIIe, recouvrant les sols des salles de
réception de la plupart des châteaux et des hôtels particuliers de l’époque.
L’élégance de ces panneaux et le cadre fastueux des pièces dans lequel ils sont
posés font du parquet un élément de décor incontournable des différents styles
classiques français, en particulier les styles Louis XIV, Louis XV et Louis
XVI. De nos jours, ces parquets, fabriqués en bois neuf ou mieux, avec des bois
anciens, sont toujours exportés dans le monde entier.
 

Au XVIIIe siècle, il est d’usage de
« compartimenter » la surface parquetée. Les parquets en feuilles
(panneaux), sont ainsi encadrés de frises. Les plus anciennes ont une longueur
égale à deux côtés de panneaux plus une largeur de frise. Une autre méthode,
plus récente, consiste à réaliser des frises en pointes de diamant, jugées
cependant moins solides que les premières. Petit à petit, les frises
intermédiaires disparaîtront.

Les panneaux sont toujours axés dans les pièces par rapport à la cheminée. Ils
sont posés, soit en diagonale, soit de façon orthogonale. Leur dimension varie
avec celle des pièces où ils sont installés.


 

La cote de trois pieds (0,974 m) finira par prédominer, elle
est de nos jours de 1mètre. Les panneaux Versailles, plus répandus, et les
panneaux Chantilly, sont parfois alternés. Une frise (simple lame), ou un
encadrement à compartiments (ou encadrements), est réalisé en pourtour des
pièces d’apparat, à l’aplomb des corniches du plafond. Les ébrasements « à
compartiments », dans l’épaisseur des murs où se trouvent portes et
fenêtres, sont dessinés à la demande.

Les parquets marquetés

À partir du XV· siècle, et notamment à l’époque de Louis XIV, on trouve
quelques réalisations de parquets marquetés encore visibles de nos jours. Ce
sont généralement des compositions qui accompagnent l’architecture des pièces
d’apparat et organisent leur surface, rehaussant les centres d’intérêt par des
éléments forts, souvent centraux comme des rosaces. L’ensemble du dessin
définit les axes principaux des pièces, à partir desquels est disposé le
mobilier. Ces pièces, uniques, conçues pour se conjuguer à un décor donné, sont
composées de bois de différentes essences: chêne, sycomore, orme, loupe d’orme
et bois précieux comme le palissandre, l’ébène ou l’acajou.

L’apogée de l’art du parquet sera atteint au XIX· siècle par
les stupéfiantes réalisations russes, visibles dans certains palais, comme par
exemple le palais de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Ces oeuvres somptueuses,
riches et variées, sont toutefois extrêmement chargées et ne correspondent plus
aux goûts actuels, plus sobres. La mode des parquets marquetés, appelés
panneaux suisses, reprendra au XIX· siècle, au cours de l’Empire, sous Charles
X, puissous Napoléon III, très fréquemment sous forme de panneaux de dimensions
variant de 0,30 à 0,70 m. Ils sont souvent constitués de dessins identiques.

Parfois différent d’un panneau à l’autre, le caractère complémentaire de leur
dessin trace une composition plus ample,intéressant quatre panneaux à la fois.
Les pièces sontpresque toujours encadrées de bordures également marquetées, la
plupart du temps composées de grecques.




Le scellement au bitume

Le XIxe siècle voit naître une nouvelle et astucieuse technique à base de
bitume, matériau de scellement et d’étanchéité. Elle est utilisée en
rez-de-chaussée des bâtiments exposés aux remontées d’humidité. Le bitume se
présente sous forme de pain de 22kgs qu’il convient de faire fondre avec 5% de
brai gras de houille. L’opération s’effectue sur chantier. La première tâche du
parqueteur est de mettre en chauffe la chaudière à bitume, alimentée par un feu
de bois, qui sera remplacé ultérieurement par le gaz butane. Le parqueteur y
enfourne quatre ou cinq pains de bitume, plus le brai correspondant (5 kgs
environ), qu’il faut laisser fondre, en deux ou trois heures.

Avant que la chaudière ne porte son contenu à ébullition, le parqueteur épand
directement sur la terre battue ou sur une couche de mâchefer, une forme en
sable mouillé, sur laquelle il dispose de niveau les lambourdes qu’il tasse.

Une louche à long manche est utilisée pour remplir les seaux de bitume
bouillant que le compagnon fera couler dans l’empreinte des lambourdes
retirées. Ces dernières retrouvent rapidement leur place initiale avant
refroidissement du bitume pour le scellement.

Le parqueteur arrondi légèrement la forme en sable entre les lambourdes et la
recouvre d’une couche de 5 mm d’épaisseur de bitume, coulée au seau et réglée à
la spatule.

Trois à quatre chaudières peuvent fournir en une journée le bitume nécessaire
au scellement d’environ 120m de lambourdes représentant une surface de 50 m2

Le bitume sera utilisé au « collage en plein » des lames de parquet à
bâtons rompus de 34 mm d’épaisseur à queue d’aronde directement scellé sur le
sable, sans lambourdes.

Avant que les colles épaisses ne fassent leur apparition, de nombreux logements
des années 1950 comportent des dalles en béton brut. Les lambourdes sont alors
calées et collées au bitume.

Cette technique, intéressante du point de vue de l’étanchéité, est tombée en
désuétude en raison de la disparition de l’unique fabricant de bitume dans les
années 1980. Elle aurait de toute façon dû être abandonnée en raison des
risques pulmonaires qu’elle faisait courir aux ouvriers, ainsi qu’au danger lié
aux brûlures que pouvait entraîner une simple maladresse de manipulation de
cette matière en fusion.

 

Les parquets industriels des XIxe et xxe siècles


L’utilisation massive du parquet a débuté, avec le passage au travail
mécanique, dans la deuxième moitié du XIxe siècle. L’énergie des premières
scieries est fournie par des machines à vapeur qui font tourner des outils encore
rudimentaires et imprécis. Le parquet est une activité complémentaire des
scieurs, dispersés dans les régions boisées. Ils fabriquent de façon artisanale
des lames de parquet, non interchangeables d’une fabrique à l’autre,
d’épaisseurs variables, aux emboîtements incertains, trop lâches ou trop
serrés, aux désaffleurs importants qu’il faut reprendre lors du rabotage. C’est
dans ces conditions difficiles pour les entreprises de pose que commença le
développement du parquet en lames, de fabrication semi-industrielle. Des
applications à grande échelle pour l’époque furent réalisées dans l’habitation
bourgeoise du Paris de la fin de XIxe siècle et début du XXe.

L’industrialisation ne commencera véritablement qu’à partir
des années 1920, avec l’extension des réseaux de distribution du courant
électrique. L’invention des outils de grande production, comme les
quatre-faces, rendront la fabrication des lames plus précise.


 

Le point de Hongrie sera le parquet Haussmannien par
excellence. On le trouve dans la plupart des pièces de réception des
appartements de luxe. Sa sobriété, son graphisme sobre et élégant, les jeux de
lumière sur les travées de lames, rythmant la surface des pièces et appuyant la
perspective, en font un parquet très apprécié encore de nos jours. Chaque pièce
est composée de travées toujours implantées par rapport à la cheminée, élément
fondamental de l’architecture intérieure. Dans les chambres, en fonction des
moyens dont disposent les clients, on trouve, soit le  même parquet, soit,
comme dans les espaces de circulations, un parquet à l’Anglaise.

Avec la construction métallique, la compositIOn des planchers évolue. Ils sont
constitués de poutrelles métalliques disposées tous les 0,70 m, et de hourdis
en plâtre ou en brique. La lambourde est toujours perpendiculaire à la
direction des fers et scellée au plâtre, avec solins et formes d’augets. La
pose des lambourdes est réalisée par des lambourdiers qui règlent et arrêtent
par de petits scellements ponctuels les lambourdes à bonne hauteur et à
écartements déterminés à l’avance pour chaque pièce, en fonction du type de
parquet prévu. Les scellements définitifs au plâtre sont faits par les maçons.
Cet ouvrage devra sécher pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois avant
que les parqueteurs ne puissent intervenir.

Ils vont découvrir un lambourdage souvent mal réglé en hauteur, parfois trop
bas, qui les conduit à poser des petites cales en bois sous les lames de
parquet, au fur et à mesure de leur pose. Les cales servent également à relever
le niveau du centre de la pièce. Cette opération pratiquée depuis le XVIIe
siècle, appelée «bouge», corrige la déformation du plancher qui, avec le temps,
va fléchir de façon sensible dans les surfaces les plus éloignées des points
d’appui, à savoir la partie centrale des locaux. Ce sont ces opérations de
calage qui expliquent l’instabilité et le grincement des lames de parquet, dans
les nombreux immeubles de l’époque. Les lames sont alors fixées par clouage
invisible, en rainure à Paris, en languettes en Province. Puis interviennent
les raboteurs qui travaillent au racloir. Leurs mains sont incroyablement
déformées, caleuses et nouées par l’effort. C’est à eux que revient la tâche
decorriger les imperfections dûes à l’usinage des lames ainsi qu’aux effets
parfois désastreux de l’intervention des différents corps de métiers.
Immédiatement après, le parquet est protégé par une première couche d’encaustique.

 

C’est durant la première moitié du XXe siècle, non sans mal,
qu’un peu d’ordre sera mis dans l’anarchie des fabrications. La Chambre
Syndicale Parisienne de Menuiserie et Parquet va proposer la création d’un
bouvet commun aux différents fabricants. L’assemblage à rainures et languettes
sera concrétisé par la fabrication d’un étalon, mis au point en collaboration
avec le Conservatoire des Arts et Métiers. C’est ce qu’on appellera le Bouvet
de Paris, qui sera repris plus tard par l’AFNOR, qui le normalisera. À la
veille de la première guerre mondiale, le Bouvet de Paris n’est utilisé que par
quelques fabricants. Ce n’est qu’en 1951 qu’une véritable harmonisation prendra
corps avec la première norme de fabrication. Un long « combat» sera mené,
parallèlement à celui de la fabrication, pour l’harmonisation des classements
d’aspect des lames de parquet, appelés « choix».


 

La profession ira jusqu’à proposer vingt choix de parquet
différents. Le séchage des bois constitue une seconde difficulté. Les frises à
parquet sont empilées en extérieur pour être séchées à l’air pendant une
période de six mois. En période humide, les taquets d’empilage sont plus épais
qu’en saison sèche, afin de permettre une meilleure ventilation. On complètera
le séchage naturel du bois qui se stabilise entre 17 et 20 % d’humidité, par un
séchage artificiel, réalisé dans des cellules chauffées par vapeur sèche et
vapeur humide au moyen de radiateurs alimentés par une machine à vapeur. Ce
séchage est empirique, car il est très difficile de mesurer l’hygrométrie des
bois. Cette imprécision entraîne évidemment d’importants désagréments sur
chantiers, où certains parquets se retirent alors que d’autres gonflent. Dans
les années 1950, une meilleure maîtrise des cycles de séchage sera acquise.


 

Les techniques qui ne cessent de progresser rendent cette
opération plus fiable en évitant toute dégradation du bois (déformation ou
gerces) et en améliorant l’homogénéité et la précision de l’hygrométrie du
parquet. Elles permettent aussi de raccourcir la durée des cycles de séchage.
Le Centre Technique du Bois (CTB), créé en 1952, va contribuer à la
normalisation des fabrications, à la définition des choix de parquets, ainsi
qu’à l’amélioration des techniques de séchage et de préservation des bois. Devenu
plus tard le Centre Technique du Bois et de l’Ameublement (CTBA), cet organisme
a su fédérer les principaux producteurs, en leur apportant assistance
technique, conseils et informations.

Il a aussi créé des certifications de qualité (ce qui implique un contrôle de
la conformité des fabrications). Un centre d’essais permet de tester la bonne
tenue et la stabilité des parquets, la résistance des vernis, les performances
acoustiques des isolants, etc. Le CTBA préside à l’élaboration des normes de
fabrication et de mise en oeuvre, avec le concours des professionnels et du
Bureau de Normalisation du Bois et de l’Ameublement. L’ensemble de ces normes
est publié par l’AFNOR (Association Française de Normalisation) créée en 1926.


 

Le parquetteur
 

Le mot parqueteur désigne communément celui qui pose le
parquet et non celui qui le fabrique. L’entrepreneur possède un atelier
artisanal où il transforme les lames de parquet achetées aux fabricants suivant
les besoins du chantier. Compte tenu du développement du marché, les ouvriers
parqueteurs sont nombreux et fortement syndiqués à la fin du XIxe siècle. Le
siège de leur syndicat est à la Bourse du Travail, où ils se réunissent. Ils
obtiennent des patrons, affiliés à la Chambre Syndicale de Menuiserie et
Parquets, un accord portant sur l’application d’un tarif syndical pour les
travaux de parquetage. Ce tarif chiffre l’ensemble des tâches pouvant être
accomplies par le parqueteur. Chaque article est discuté par une commission
paritaire. L’ensemble des tarifs doit faire l’unanimité des membres de la
commission. Périodiquement, une nouvelle édition du tarif est publiée. Il est
actualisé chaque année suivant l’évolution du coût de la vie, publiée par le
Ministère du travail. Ouvriers et patrons sont particulièrement attachés à ce
mode de rémunération qui offre de nombreux avantages. Les ouvriers perçoivent
un salaire beaucoup plus élevé que s’ils étaient payés à la journée. Leur
salaire est justifié par un travail effectif en rapport avec sa qualité. Le
principe du travail au rendement est source de conflits. L’encombrement des
aires de travail par les autres corps d’état ou bien les malfaçons dans le
scellement des lambourdes ou le retard, dans la pose d’éventuelles cheminées,
sont autant de freins à la production qui pèsent sur les gains. Cependant, les
avantages de ce système de rémunération sont prédominants. De nos jours, de
nombreuses entreprises intéressent leur personnel de production en pratiquant,
en accord avec lui, le travail au rendement. Cet accord assure un meilleur
revenu, en rapport avec le travail accompli.


 

Le parquet mosaïque

 

La naissance du béton armé a révolutionné le bâtiment, et
entraîné la création d’un nombre important de nouveaux matériaux adaptés aux
exigences de cette nouvelle technique de construction. La Société Noël invente
après la première guerre mondiale, un parquet de conception nouvelle, appelé
parquet mosaïque. Ce parquet portera pendant longtemps le nom de son inventeur.
Les premières applications datent des années 1920, elles atteindront le chiffre
de l million de mètres carrés en 1957, puis 4 millions en 1962 ! L’idée est
révolutionnaire. Elle rationalise l’usinage de la frise à parquet, en utilisant
les coursons, à partir d’une longueur de 150mm, et en réduisant l’épaisseur des
lamelles à 8mm. Cette technique multiplie par trois la quantité de parquet
produit pour un volume égal de frises. Ceci en préservant l’épaisseur de la
couche d’usure de 7mm après ponçage. Sur chantier, ce parquet mince permet de
gagner de la hauteur, en réduisant l’épaisseur de réservation, souci majeur des
constructeurs. Sa pose est rapide, grâce au pré-assemblage des lamelles sur
papier, en dalles de 0,25m2 environ. La dimension réduite des éléments lui
confère une meilleure stabilité que les parquets en lames. Il est très bon
marché. Ce progrès n’est évidemment rendu possible qu’à la condition que ce
parquet puisse être collé, poncé et protégé. La première technique de collage
date des années 1930. Il s’agit du ciment magnésien, mélange de chlorure de
magnésie, de ciment, de sable et d’eau. Le parquet est rainé en sous-face pour
offrir une meilleure accroche de la colle. Le ciment magnésien a été abandonné
lorsque les premiers chauffages par le sol sont apparus. On s’est rapidement
aperçu que les tuyaux métalliques étaient corrodés par ce système de collage et
risquait de provoquer des inondations.

 

Les années 1950 voient l’apparition de la colle blanche en
solution aqueuse, l’acétate de vinyle. Tous les parquets mosaïque sont
désormais fixés avec cette colle. D’utilisation facile, son seul défaut est de
renfermer beaucoup d’eau et d’être en conséquence sensible au gel. Le rabotage,
exécuté à la main jusque-là, n’était plus réalisable sur le parquet mosaïque.
On passa donc au ponçage mécanique, effectué à la ponceuse électrique ou à
moteur à essence. Sans cet outil arrivé à point nommé, le parquet mosaïque
n’aurait pu être fini. Les premiers vernis arrivent des pays scandinaves. La
société Saint-Gobain crée les vernis urée formol. Les énormes quantités de
parquet demandées pour la reconstruction vont multiplier le nombre de
fabricants : Noël, Cavois, Dreux, Parkex, Montbertrand, Pastural, etc. Certains
se spécialiseront dans la production des parquets mosaïque. Pour abaisser les
coûts, ces fabricants décident, les uns après les autres, d’offrir au marché un
produit posé. Pendant trente ans, la concurrence sera dure, et mènera ces
«fabricants poseurs», avec la lente désaffection de la clientèle pour ce
produit, à l’abandon de leur activité. Dans les années 1970, on préfère au
parquet, la moquette et les tapis aiguilletés qui règlent à bon marché le
problème de l’isolation phonique au bruit d’impact entre étages. La
prolifération des parquets mosaïques a lassé les amoureux du bois, qui veulent
retrouver un parquet unidirectionnel, tout simple, qui rappelle les parquets
massifs, même s’ils sont collés. Une solution est trouvée avec la lame-parquet,
en planchettes de 10mm d’épaisseur, dont la consommation dépasse maintenant
celle du parquet mosaïque.

 

Les parquets contrecollés

 

Il faut mettre en évidence l’importante découverte, faite en
Suède par Gustave Kahrs en 1943, du principe des parquets contrecollés, dont le
développement aura été retardé par la guerre. Il y a probablement une certaine
logique à ce que cette nouvelle technique de fabrication des parquets ait été
mise au point dans un pays nordique, où les bois résineux sont extrêmement
abondants, et les bois feuillus, le chêne en particulier, en faible quantité.
Parquet à l’Anglaise contrecollé à pose flottante (document Briatte). La
conception de la lame contrecollée fait en effet la part belle au résineux,
pour une faible épaisseur de bois feuillu qu’il leur faut importer. Les pays
nordiques resteront les leaders de ce type de parquet, devenu avec sa finiton
vernie en usine, le premier parquet posé en Europe, et de loin. Rappelons que
80% des parquets consommés en France sont des contrecollés.

 

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